Affaire Picasso : Un procès qui devrait avoir lieu avant l’été

 

Pierre Le Guennec affirme avoir, du vivant du peintre,

reçu ces œuvres en cadeau de  Jacqueline Picasso.

Pierre Le Guennec affirme avoir, du vivant du peintre, reçu ces œuvres en cadeau de Jacqueline Picasso.                   

    Le tribunal de Grasse, dans les ­Alpes-Maritimes, va finir par devenir spécialiste de Picasso dans un procès qui devrait avoir lieu avant l’été. Selon nos informations, il devrait recevoir, avant la fin de la semaine, une plainte dans le cadre de l’affaire qu’il instruit et qui oppose Pierre Le Guennec et son épouse, retraités de Mouans-Sartoux mis en examen pour le recel de 271 œuvres du peintre, à la Picasso Administration, la société de gestion des droits de l’artiste.

L’action vise, au pénal, Claude Picasso, administrateur de ladite Picasso Administration, et Claudia Andrieu, sa responsable juridique. Ils sont accusés par les époux Le Guennec de «tentative d’escroquerie au jugement». Rédigée par l’un des avocats du couple, Charles-Étienne Gudin, du barreau de Bordeaux, la plainte détaille sur 40 pages les supposées «manœuvres» de la Picasso Administration pour tromper l’autorité judiciaire… d’où la qualification d’escroquerie.

Un lot estimé à 60 millions d’euros

«Selon nous, explique Me Gudin, la ­Picasso Administration utilise tous les moyens, y compris frauduleux, pour convaincre la justice de qualités qu’elle n’a pas, et ce dans le seul but d’obtenir un jugement en sa faveur. D’une part, les héritiers font croire qu’ils possèdent des qualités d’expertise qui leur permettent d’authentifier les œuvres de Picasso, qualités qu’ils n’ont pas ; d’autre part, ils revendiquent des compétences leur permettant de certifier la provenance licite des œuvres, qu’ils n’ont pas plus.» Selon l’avocat, un jugement favorable serait le seul moyen, pour eux, d’obtenir titre de propriété sur les 271 dessins, croquis et toiles retrouvés dans le garage de Pierre Le Guennec. Lesquels sont estimés, au bas mot, à 60 millions d’euros.

Cette plainte fait suite à une autre, déposée

 l’été dernier par les Le Guennec au même tribunal de Grasse, cette fois au civil, contre trois des enfants Picasso, Claude, Paloma et Maya. Cette action «en tierce opposition» vise à dénier la qualité d’héritiers à ces enfants nés hors mariage, bien que la justice, après la mort du peintre, la leur ait accordée. «Une plainte fantaisiste d’un point de vue juridique, car elle nous renvoie à une autre époque, et scandaleuse d’un point de vue moral, réplique Jean-Jacques Neuer, l’avocat parisien de la Picasso Administration. Au lieu de justifier la possession des œuvres, voilà des personnes qui viennent critiquer les victimes en leur déniant la qualité d’héritier!»

Quant à la nouvelle plainte pour escroquerie, il la balaye d’un revers de main. «Ces gens sont venus à la Picasso Administration pour obtenir des certificats d’authenticité et maintenant ils lui dénient cette qualité, c’est surréaliste!», pointe-t-il.

«Collection Nounours»

Les Le Guennec, qui expliquent avoir, du vivant du peintre, reçu ces œuvres en cadeau de Jacqueline Picasso, sa dernière épouse, avaient, de fait, demandé aux héritiers, à l’automne 2010, de les expertiser.

La bataille juridique fait aussi rage sur le terrain de la presse. Des témoignages à charge sont apparus contre Pierre Bresnu, le chauffeur de Picasso, surnommé Nounours. Pierre Bresnu, aujourd’hui décédé, possédait lui aussi plusieurs dizaines d’œu­vres de Picasso. Les témoins racontent que Pierre Bresnu, avant sa mort, leur aurait confié qu’il les détenait de manière illicite. Or, il y a un an, à l’occasion de la vente à Drouot du reliquat de cette «collection Nounours», il a été découvert que Pierre Le Guennec n’était autre que le cousin germain de Jacqueline Bresnu, la veuve, récemment disparue, de Nounours. Avec de tels liens de parenté, que les Le Guennec n’avaient pas spontanément évoqués au début de l’affaire, la tentation est grande pour les plaignants de rapprocher le supposé voleur du présumé receleur, l’un cousin de l’autre par alliance.

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About EchoCulture.org

Echo Culture, créée en juin 2011 à Providence, Rhode Island (USA), est une association haitienne d’échanges culturelles, apolitique et à but non lucratif. Elle a pour mission de promouvoir l’art et la culture à travers des manifestations culturelles comme la danse, le theatre, la peinture et la litterature.

Posted on 28 March 2012, in Painting. Bookmark the permalink. Leave a comment.

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