Category Archives: French Literature

Poésie, Roman, Nouvelles, Essais, Théâtre

Mon amie Ghila


Par Dany Laferrière

C’esGhilat l’écrivain Antonio D’Alfonso, un ami commun, qui m’a envoyé un mot gorgé de larmes. La mort de Ghila Sroka m’a atteint à Paris, une ville qu’elle aimait beaucoup, comme elle aimait aussi La Havane, Tanger et Port-au-Prince. Malgré sa longue maladie, je n’avais pas pensé à sa mort. Ce n’était pas son genre de mourir. Je l’ai vue il y a peut-être deux mois à l’Hôpital juif de Montréal, dans un état déplorable. Deux semaines plus tard, elle recevait chez elle quelques amis à dîner. On parlait de tout, sauf d’Israël. C’était sa blessure. Certains s’étaient éloignés d’elle à cause de sa véhémence quand on abordait ce thème brûlant. Je sentais sa souffrance de ne pas pouvoir dire le fond de son coeur. Elle était à prendre ou à laisser, et je l’ai prise telle qu’elle était durant près de trente ans.

Un inconnu aurait tout de suite senti que la mort rôdait autour d’elle, ce soir-là. Sa voix avait changé. Elle était au bout de ce cancer qui la rongeait sans jamais l’empêcher de vivre. Vivre, pour Ghila, c’était recevoir ses amis, lire (livres, journaux, Internet), aller au cinéma, regarder la télé, publier des magazines, organiser des conférences, polémiquer, voyager et retrouver cette solitude studieuse dans cet appartement qu’elle occupait depuis des décennies. Ghila était une intellectuelle toujours en quête d’une bagarre. Elle n’hésitait pas à se brouiller avec ceux qui étaient trop tièdes à ses yeux. J’ai si souvent vu Ghila à l’article de la mort que je n’ai pas compris que c’était notre dernière conversation.

Notre première rencontre a eu lieu en novembre 1985, au Salon du livre de Montréal. J’ai vu arriver vers moi une femme radieuse et colorée. Elle s’est mise à me parler à haute voix sans se soucier des gens qui attendaient que je signe leur livre. Elle m’expliquait qu’elle allait faire de moi une star de la littérature mondiale. Ce qu’elle a écrit dans un article qu’elle m’a consacré un mois plus tard. J’ai tout de suite capté l’étrange personnalité de Ghila comme j’ai compris aussi qu’elle avait des qualités qui équilibraient ses extravagances. En effet, très peu de gens possèdent une pareille énergie. Ghila aurait pu épuiser une société entière. Clouée au lit, elle continuait à argumenter avec ceux qui ne partageaient pas son avis, surtout sur les questions politiques.

Mais sa loyauté était telle que j’avais l’impression que si j’étais pris en otage quelque part dans le monde, elle se serait pointée à l’endroit où j’étais séquestré pour engueuler mes gardiens de telle manière que ces derniers se seraient dépêchés de me libérer. Comment résister à une pareille nature ? Je suis sûr que même ceux qui la trouvaient « difficile » ne pourront ignorer ce léger pincement au coeur à ne plus voir, au premier rang de toutes les manifestations culturelles de Montréal, cette pasionaria aux multiples chapeaux colorés. Je ne sais pas où elle est maintenant, mais je suis sûr que deux camps se sont déjà formés autour d’elle : ceux qui l’aiment et ceux qu’elle exaspère. Je me range dans le premier camp.

Quand Dumas plagiait Poe en italien


Surprenante découverte d’un chercheur amateur, qui va jusqu’à suggérer que les deux auteurs se sont rencontrés.

Sur la biographie d’Edgar Allan Poe flotte une brume de mystère qui souvent s’épaissit. Au début de l’année 1832, on l’aperçoit chez sa tante à Baltimore, avant de perdre complètement sa trace. Où est l’inventeur du roman policier pendant ces quelques mois ? D’aucuns pensent qu’il serait parti se mêler aux insurrections européennes. Un certain David Ianiroff a son hypothèse : en 1832, dit-il, Edgar Poe se rend à Paris, où il est introduit par Fenimore Cooper auprès d’Alexandre Dumas. Les deux compères partagent peut-être un appartement, du moins quelques causeries littéraires, et s’amusent à résoudre un fait divers, « insoluble » aux dires de la police : celui qui aurait inspiré la nouvelle fondatrice de Poe, « Double assassinat dans la rue Morgue ».

David Ianiroff, ou Jocelyn Fiorina de son vrai nom,ingénieur français spécialisé en télécommunications, est la dernière personne que l’on aurait attendue dans cette affaire. Lorsqu’il entend parler, au début de 2013, d’un texte de Dumas publié en italien, L’Assassinio di rue Saint-Roch, il décide de le traduire en français. Ne pouvant s’arrêter là, il endosse l’habit du personnage du « Double assassinat », l’analyste Dupin, et s’efforce de résoudre l’énigme des rapports entre les deux textes. Et il a tout retrouvé : le crime originel, les relations communes, et ces dates qui correspondent comme par magie. Il nous livre son enquête en postface de sa traduction du texte de Dumas (1), qui reprend trait pour trait l’intrigue de Poe, parue en France en 1856.

Le récit de Dumas a été publié en 1860, en feuilleton, dansL’Indipendente, qu’il avait fondé pendant ses années italiennes. La rue Saint-Roch y remplace la rue Morgue, les dialogues sont plus développés, mais la différence majeure réside dans le nom du personnage principal : Dupin devient… Edgar Poe ! « Je suppose qu’alors Poe n’était pas traduit en italien, Dumas pouvait donc s’emparer du texte sans qu’on crie au plagiat. Faire de l’auteur initial un des personnages était un clin d’oeil », suggère Claude Schopp, spécialiste de Dumas, peu convaincu par l’idée d’une rencontre entre les auteurs : « Il faut être très prudent. S’il avait connu Poe, Dumas en aurait parlé dans ses Mémoires, ses lettres. C’est à mon avis complètement fou. » L’enthousiasme de Jocelyn Fiorina n’en est pas refroidi : « Imaginons un écrivain, Edgar Poe, qui part en France sous pseudonyme pour participer aux insurrections républicaines. Ça paraît délirant, mais c’est ce qu’a fait Alexandre Dumas : parti en Italie sous des faux noms, il a participé pour le compte d’une société secrète à des plans d’insurrection. »

Henri Justin, spécialiste d’Edgar Poe, est lui aussi sceptique : « On raconte que Poe a voyagé en Europe, mais, pour la plupart des spécialistes, c’est une légende. » Intrigué, il a cherché les références à l’oeuvre de Dumas chez Poe et n’a trouvé qu’une mention, en 1849, dans une liste d’écrivains reconnus. « Les chances que Poe ait connu l’oeuvre de Dumas en 1832 sont quasi nulles. » En revanche, les deux universitaires montrent beaucoup plus d’intérêt pour la plus récente découverte de Jocelyn Fiorina : le début du manuscrit en français, signé de la main d’Alexandre Dumas. « Ce document a été pris pour une lettre, et personne ne voyait à quoi cela faisait référence. En fait, il s’agit du début du manuscrit de L’Assassinat de la rue Saint-Roch, où Dumas s’adresse au préfet de police de Naples. Je l’ai retrouvé à un endroit tellement évident que personne n’avait pensé à l’y chercher : dans la collection où figure le manuscrit du “Double assassinat dans la rue Morgue” de Poe ! » Lorsqu’on lui rapporte la méfiance des spécialistes, l’enquêteur ne se démonte pas : « Les faits que j’avance sont prouvés et véridiques, mais je ne donne pas de réponse définitive. Au lecteur de se faire son opinion. » Mais, quand on évoque le rêve qu’un jour, peut-être, lumière soit faite sur cette affaire, il ne partage pas cet espoir : « Sans preuve, le mystère reste intact ! »

Par Clémentine Baron

Source: Le Magazine Littéraire

La Bibliothèque Justin Lhérisson : Patrimoine à sauvegarder


Jadis membre iconoclaste du réseau de bibliothèques communautaires de la Fondasyon Konesans ak Libète (FOKAL), la Bibliothèque Justin Lhérisson (BJL) est devenue le phare culturel de la commune de Carrefour. Aujourd’hui, elle est exclue du réseau pour problèmes administratifs et difficultés budgétaires. Impuissants, les Carrefourois regardent sombrer leur bateau ivre, leur symbole…

Je me souviens que l’on séchait les cours pour recevoir la future première ministre et ses invités comme cela se doit à la Bibliothèque Justin Lhérisson de Carrefour parce qu’on n’avait pas de meilleur potentiel dans le réseau de la Fondasyon Konesans ak Libète (FOKAL) que les dizaines de jeunes artistes formés et autodidactes de l’Atelier Créations Marcel Gilbert ;

Je me souviens que toutes les cohortes d’étrangers de la FOKAL devaient absolument voir ce centre culturel unique en son genre, qui a vu naitre des groupes de créateurs authentiques comme Dieu Jeunesse Arts et B ? (DJAB), Atelier le Vide, Créole Cré’art, ZH2OVIE, etc.

Je me souviens que les caravanes pour la promotion de la culture, comme celle de Vendredis Littéraires, se devaient absolument de passer par Mon Repos 44 rencontrer ces poètes et nouvellistes, amoureux fous des jeux surréalistes et oulipiens, partisans de la joie de vivre et humanistes, déjà virtuoses des mots et des images…

Je me souviens de ces jeunes épris de liberté que l’élite culturelle conviait à l’assaut d’Attila et sa milice Ratpakaka – en passant, ces jeunes étudiants naïfs, convaincus de la justesse de la cause et confiants dans les valeurs de l’humanité, sont tout à fait sortis bredouilles de la victoire remportée sur l’Inique ;

Je me souviens de la porte noire en fer forgé, notre Coin Poésie, des premiers poèmes que nous exposions, des premiers textes que je donnais à lire, que les camarades disaient, que les écoliers recopiaient sur leur cahier, que les nouvelles recrues connaissaient par cœur

dèyè do lajounen
rido tonbe

Je me souviens de mon journal intime, de ma découverte de Rapjazz et d’ultravocal, des merveilleuses conférences de Michèle Duvivier Pierre-Louis, accompagnée de Lorraine Mangonès, Jazz et Négritude, Harlem, blues, Stranged fruit, Malcolm X, Martin Luther King Jr, Césaire, Senghor, Damas, scat et versets…

Je me souviens des textes que l’on passait au crible, des auteurs que l’on recevait les uns plus illustres que les autres : de Marc Exavier, poète délicat, à James Noël, qui faisait ses débuts ; de Ketly Mars, originaire de Kasalé, à Gary Victor, pris dans son cercle d’époux fidèles ; il y avait Bien-Cher Louis-Pierre, de regretté mémoire, notre ami venu de Port-de-Paix se faire « dévorer » par les « les derniers gardiens hautains de la poésie pure » de l’Atelier et de DJAB ; il y avait Bonel Auguste que l’on savourait tous et en qui l’on saluait déjà l’avenir de la poésie créole haïtienne ; il y a avait notre projet de publications collectives avorté…

Je me souviens des nuits blanches à étudier Dialogue de mes lampes et Idem, à traduire Mon pays que voici en créole ; des répétitions de LA PIEUVRE, jouée en présence de Mona Guérin ; des débats interminables sur Sartre, Hegel, Baudelaire, Rimbaud, Queneau, etc. ; de nos débuts en informatique et des premiers tapuscrits Tentatives, Cris à grands coups de mer, Battons l’art poètes…

Je me souviens des 1er et 2 Novembre au cimetière de Carrefour, gigantesque spectacle de rue sur la route nationale #2, prémices de Zonbi Lage ;

Je me souviens de Jonel Juste, échappé belle au mitan de Carrefour, de DUCCHA criant son amour du monde, de Jacques Adler Jean-Pierre zyeutant sous les robes des jeunes filles en fleur, de Fred Edson Lafortune nous invitant à L’Asile, d’Emmanuel Jacquet homo-sensuel, de Coutechève Lavoie Aupont en partance, d’Édouard Baptiste (Youyou) en lutte avec ses démons, de Fritzgérald Muscadin rendant gloire aux sacrés, de Duny Damas héritier des impressionnistes et des cubistes, de Claude Sénécharles avec sa langue bandée, d’Anderson Dovilas concoctant d’originales métaphores, de Jude Richard-homme-spectacle, de James Saint-Félix et ses deux rangs de dents contre le malheur, de Garnel Innocent en mode Frankétienne, de…, de…

Je me souviens des filles qui dansaient le yanvalou sous l’amandier, des gars qui buvaient un coup en grinçant les dents de désir, du tambour de Jean qui jazzait nos corps…
La BJL était pire qu’un dépôt de livres, pire qu’un centre culturel, pire qu’un partenaire indispensable de l’éducation, pire qu’une école d’initiation à la démocratie, pire qu’un club de jeunes intellectuels élèves des plus grands maitres de la littérature mondiale, pire que tout cela, pire que tout ce qu’on raconte et tout ce que vous pourrez imaginer ;

La BJL est une bombe contre la barbarie, une main tendue à ces milliers de jeunes désespérés qui tournent en rond entre Mariani et Fontamara, le dernier rempart contre le sous-développement dans la commune ;

La BJL est le seul espace culturel qui perpétue le nom de notre génial lodyanseur, maitre de George Anglade, de Gary Victor, de Maurice Sixto… La BJL est le seul espace culturel, qui ouvre ses portes aussi librement à toute la communauté estudiantine ; le seul lieu de culture à Carrefour, zone reléguée aux calendes grecques par le Ministère de la Culture, et qui vient de fêter son bicentenaire dans le sempiternel Ti-Sourit…

Notre cher BJL, première biliothèque à fonctionner 14 heures par jour en Haïti, se trouve en grande difficulté de payer les frais de son loyer cette année. Lesly Giordani et Harry Jean ont consacré leur vie à cette institution. Ils sont aux abois. Ils ne savent plus à quels saints se vouer. La BJL se meurt, mesdames, messieurs ! La BJL se meurt et tout ce dont se souvient ma génération avec elle. La BJL se meurt, son compagnon de mauvais jours l’a laissée tomber, faute de budget, dit-on.

Evains WÊCHE

La guerre du livre numérique: Apple contre Amazon


INTERVIEW. Un ouvrage retrace l’avènement du plus grand procès de l’histoire du livre, né d’une bataille pour le contrôle du nouvel eldorado éditorial.

Photo d'illustration
Photo d’illustration © HECTOR GUERRERO / AFP

Propos recueillis par 

C’est LE procès qui a agité les États-Unis pendant des mois : Appleet les plus grands éditeurs du pays (Hachette, HarperCollins, Simon & Schuster, Macmillan et Penguin Group) versus Amazon. En cause ? Le marché du livre numérique. Premier à sêtre lancé de façon offensive, en 2007, dans le monde de “l‘ebook”, Amazon s’est très rapidement imposé grâce à une stratégie de plafonnement des prix à 9,99 dollars. Au grand dam des éditeurs, qui avaient jusque-là le contrôle des tarifs du livre. Craignant de voir le marché leur échapper totalement, ces derniers profitèrent en 2010 de l‘arrivée d’un nouveau partenaire – Apple, qui lançait son iPad – pour tenter de reprendre les choses en main. Un accord “gagnant-gagnant” fut trouvé : la maison de Steve Jobs laisserait les éditeurs fixer des prix de vente plus élevés (entre 12,99 et 14,99 dollars) en échange dune commission de 30 % sur chaque transaction. Amazon fut alors prié de saligner, sous peine d‘être privé des nouveautés pendant plusieurs mois. Logiquement, le site internet créé par Jeff Bezos, soutenu par plusieurs associations de défense des consommateurs, contre-attaqua en déposant plainte pour “entente commerciale illicite”. 

Dans 9,99 $ La guerre du livre numérique, récemment publié en français aux éditions Bragelonne, le journaliste Andrew Albanese, spécialiste de l’édition et de l’économie numérique, retrace les grandes étapes de ce procès historique qui aboutit à la condamnation d’Apple en juillet 2013. Mais surtout, et c’est tout l’intérêt de cet exposé, il explore “la vraie question” : “comment a-t-on pu en arriver là ? (…) Quel enchaînement de décisions fatidiques a pu conduire Apple et cinq groupes d’édition à être accusés d’avoir violé la loi antitrust américaine ?” Entretien avec l’auteur.

Le Point.fr : Comment résumeriez-vous le point de vue de chaque partie dans ce procès ?

Andrew Albanese : L’argument principal du côté d‘Amazon, c’est que le marché résout les problèmes de lui-même. Les grandes compagnies n’ont pas à s’asseoir autour de la table et à décider de mettre fin à la concurrence dans un marché sous prétexte que cela ne sert pas leurs objectifs. Si elles n’étaient pas intervenues, peut-être qu’une solution plus innovante aurait été trouvée. Et peut-être qu’effectivement il y aurait eu des sacrifices à court terme, mais à long terme le marché se serait rééquilibré seul.

Les éditeurs, eux, voyaient un futur où tous les intermédiaires auraient été supprimés. Ils voyaient Amazon créant son marché à perte en dévaluant le prix des livres. Même s’ils gagnaient de l’argent dans ce dispositif, ils craignaient que le livre se dévalue tellement qu‘on en arrive à un point où ils n’auraient pas assez de bénéfices pour survivre et que Amazon les exclurait à ce moment-là du circuit en se passant d’intermédiaire et en allant directement chercher les auteurs.

Enfin, il y a le point de vue d’Apple, qui est un peu plus compliqué. Parce que, techniquement, Apple n’avait pas besoin d’avoir une librairie en ligne. Même si le livre numérique se développe, ce sera toujours une toute petite part de ses revenus iTunes. L’iPad allait être utilisé comme e-reader de toute façon, à travers des applications tierces, il n’était pas nécessaire de créer une app iBooks Apple. Alors pourquoi ont-ils décidé, en l’espace de deux mois, de se lancer dans cette bataille ? Je pense que c’était pour envoyer une sorte d’avertissement à Amazon, pour leur dire de ne pas marcher sur leurs plates-bandes : “On s’opposera à vous sur les livres si vous vous opposez à nous sur la musique et les films.”

Difficile de dire qui sont les “gentils” et les “méchants” dans cette histoire !

Oui, d’autant plus que les accusés – Apple et les cinq grands éditeurs – ont souvent été traités en héros par la presse, comme ceux qui essayaient de sauver les écrivains et les lecteurs des griffes d’Amazon. Mais Amazon avait des raisons de porter plainte en voyant le fruit de son travail lui être enlevé injustement. Jeff Bezos, le patron du site, a créé un marché du livre qui n’aurait peut-être pas vu le jour s’il avait dépendu uniquement des éditeurs, qui avaient plus intérêt à protéger le marché qu’ils avaient créé eux.

Amazon est tout de même souvent perçu comme la menace, le géant d‘Internet qui va tuer l‘industrie culturelle

Pour paraphraser l’écrivain Anthony Horowitz : Amazon est un salaud et je le déteste, et j’ai peur de lui, et… je l’utilise tout le temps parce qu’il est génial ! Cela résume ce que nous ressentons envers Amazon. Et envers Apple aussi d’ailleurs : dans cette affaire, l’entreprise de Steve Jobs était présentée comme le chevalier blanc qui sauvait les éditeurs d’Amazon ; mais qui aurait sauvé les éditeurs d’Apple si Apple l’avait emporté ?

Quelles furent les conséquences de ce procès sur le marché du livre ?

Il n’y a pas vraiment eu de gagnant. Amazon n’a pas perdu le contrôle du marché, Apple n’a pas décollé… les éditeurs ont été autorisés à élever leurs prix, mais Amazon a été autorisé à faire des promotions sur ces prix. Il y a peut-être un perdant : le livre numérique. Toute cette affaire a rendu le marché confus pendant quelque temps et provoqué des hésitations chez les gens au moment dinvestir dans de nouveaux appareils. Le prix moyen des livres numériques a augmenté – ce qui était lobjectif des éditeurs – et les ventes de livres numériques se sont enlisées aux États-Unis (comparé aux taux de croissance connus jusqu‘alors). Mais ça n’a pas fait remonter celles des livres papier…

Quel conseil donneriez-vous aux éditeurs français qui font face au développement du livre numérique ?

Je ne suis pas bien placé pour donner des conseils, surtout que les marchés français et américain sont complètement différents. Mais si je devais en donner un, je leur dirais de ne pas perdre de vue que la vraie concurrence, le vrai combat n‘est pas entre le livre papier et le livre numérique, mais entre le livre tout court et les autres médias. Les livres papier ne vont pas disparaître, ils sont la technologie parfaite : pas besoin de batterie et on peut se les prêter indéfiniment ! Les gens vantent parfois le caractère intemporel d’un fichier numérique, parce qu’il ne s’abime pas, mais le papier dure bien plus longtemps parce que les technologies changent en permanence alors que lui reste. Même si le livre numérique ressemble à une menace pour les éditeurs traditionnels, la menace réelle est ailleurs. Le défi aujourd‘hui est d’arriver à capter l’attention du consommateur : vous voulez que les gens soient non pas en train de jouer à Angry Birds, non pas en train de regarder un film en streaming, mais plongés dans un livre, qu‘il soit papier ou numérique? C’est là qu’il faut livrer bataille. 

Source:Lepoint.fr

L’écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez est mort


Gabriel Garcia Marquez, le 25 octobre 1982, alors qu'il vient de recevoir le prix Nobel de littérature.

Affectueusement surnommé « Gabo » dans toute l’Amérique latine, le Colombien Gabriel Garcia Marquez, Prix Nobel de littérature 1982, l’un des plus grands écrivains du XXe siècle, est mort à son domicile de Mexico jeudi 17 avril. Il était âgé de 87 ans. Son œuvre a été traduite dans toutes les langues ou presque, et vendue à quelque 50 millions d’exemplaires.

En 1999, la nouvelle s’était répandue qu’un cancer lymphatique serait sur le point de l’abattre, plongeant déjà ses lecteurs et admirateurs dans l’inquiétude. Tous les journaux de la planète rédigèrent alors sa nécrologie à la hâte, bientôt remballée dans les tiroirs. Double chance, pour lui et pour tous, car cela permit à Gerald Martin, britannique et professeur de littérature, de publier une biographie exhaustive, Gabriel Garcia Marquez, une vie (Grasset, 2009, édition originale en anglais chez Bloomsbury, 2008). Rétabli, mais victime d’une mémoire quelque peu chancelante, l’auteur de Cent ans de solitude avait disparu de toute vie publique ces dernières années.

Aîné de onze enfants, Gabriel José de la Concordia Garcia Marquez est né le 6 mars 1927, à Aracataca, un village perdu entre les marigots et les plaines poussiéreuses de la côte caraïbe colombienne. Son père y est télégraphiste. Dans l’œuvre de Gabo, Aracataca deviendra Macondo, un endroit mythique mais réel, à la différence du Yoknapatawpha County de William Faulkner ou de la ville fictive de Santa Maria de Juan Carlos Onetti. L’espagnol sud-américain a fait de «macondiano » un adjectif pour décrire l’irrationnel du quotidien sous ces latitudes. Gerald Martin explique l’importance qu’eut pour le futur écrivain son village et en particulier sa maison : « pleine de monde – grands-parents, hôtes de passage, serviteurs, indiens -, mais également pleine de fantômes » (celui de sa mère absente en particulier).

INFLUENCE LIBÉRALE

Juste après la naissance de Gabriel, son père décide de devenir pharmacien, en autodidacte. En 1929, il quitte Aracataca en compagnie de sa femme. Le garçon sera élevé par ses grands-parents, dans une maison transformée aujourd’hui en musée. Sa formation intellectuelle ainsi qu’un certain sens de la démesure lui viennent du colonel Marquez, son grand-père libre-penseur qui, pour meublerl’ennui d’un temps immobile, lui ressassait inlassablement ses souvenirs de la guerre des Mille Jours : une dévastatrice guerre civile qui, entre 1899 et 1902 opposa le camp « libéral » (dont il faisait partie) et celui des « conservateurs », et se solda par la victoire de ces derniers.

A ce « Papalelo », comme il le surnomme, le futur écrivain doit aussi les fondements de sa conscience politique et sociale. Le colonel faisait en effet partie des personnalités colombiennes qui s’étaient élevées contre le « massacre des bananeraies » : en décembre 1928, des centaines d’ouvriers agricoles en grève (1 500 selon certaines sources) avaient été tués par l’armée colombienne, sous la pression des Etats-Unis qui menaçaient d’envahir le pays avec leur marines si le gouvernement n’agissait pas pour protéger les intérêts de la compagnie américaine United Fruit. Dans Cent ans de solitude, son œuvre majeure, l’écrivain retrace sous forme de fiction cet épisode sanglant.

A huit ans, il part rejoindre ses parents qui l’enverront en pension chez les jésuites dans la ville de Baranquilla, puis à Bogota. Il publie ses premiers écrits dans la revue du collège. Baccalauréat en 1946, études de droit- vite abandonnées – et premières collaborations dans la presse : c’est en tant que journaliste que Garcia Marquez entre dans la vie publique. Lectures classiques : Kafka, Joyce, Virginia Woolf, Faulkner, Hemingway… Mais les influences ne jouent que sur la forme. Le fond, ce sera l’impalpable, le culte du surnaturel, des fantômes et des prémonitions transmis par sa grand- mère galicienne quand elle se levait la nuit pour lui raconter les histoires les plus extraordinaires de revenants, sorcières et nécromanciennes. Ainsi Marquez s’insère-t-il naturellement dans un courant littéraire hispanique et latino-américain incarné par Alvaro Cunqueiro, Miguel Angel Asturias et Alejo Carpentier: le réalisme magique ou le réel merveilleux.

Photo de Gabriel Garcia Marquez en 1972 (lieu inconnu).

En 1955, le jeune journaliste découvre la vérité sur la catastrophe du Caldas : ce destroyer de la marine colombienne, le pont surchargé de marchandises de contrebande, avait perdu huit hommes d’équipage dans la mer des Caraïbes lorsque les câbles de cette cargaison illicite avaient lâché. Les officiers avaient prétendu avoir affronté une terrible tempête. Après cent-vingt heures d’entretiens avec le seul rescapé, Garcia Marquez publie une série de quatorze articles, rédigés à la première personne et signés par le marin, qui seront repris en 1970 dans un livre sous le titre Journal d’un naufragé. Les lecteurs de EL Espectador s’arrachent le récit. Craignant les représailles du régime militaire alors au pouvoir, la direction du quotidien envoie Garcia Marquez en Europe.

FLN ET RIDEAU DE FER

Il arrive à Paris en pleine guerre d’Algérie, fréquente les milieux du FLN et, pour délit de faciès, s’expose ainsi aux « ratonnades » alors pratiquées par la policefrançaise. Jeune homme de gauche, proche des communistes, il effectue des voyages dans les pays de l’Est. Malgré ses préférences politiques, ses visites lui laissent une impression plutôt sinistre, consignée dans 90 jours derrière le rideau de fer (1959). Lorsque le dictateur Rojas Pinilla interdit El Espectador, le journaliste Garcia Marquez se retrouve sans travail. Il écrit et survit, en attendant la gloire et l’argent.

Sa compagne d’alors fait des ménages, lui ramasse papiers, journaux et bouteilles vides pour les vendre. Ces années impécunieuses trouveront leur écho, en 1961, dans Pas de lettre pour le colonel. L’année suivante paraîtront le roman La Mauvaise heure et Les Funérailles de la grande Mémé, un recueil de huit nouvelles : sortes de « moyens métrages » et, en quelque sorte, d’esquisses préfigurant ce que sera, cinq ans plus tard, Cent ans de solitude.

Entretemps, Garcia Marquez est revenu en Amérique Latine. Il y a épousé, en 1958, son amour d’adolescence Mercedes Barcha. Jamais ils ne se quitteront.

Gabriel Garcia Marquez et sa femme Mercedes Barcha en Colombie, en 2007.

Deux fils sont nés de cette union : Rodrigo qui, après des études d’histoire médiévale à Harvard, deviendra réalisateur de cinéma et Gonzalo, qui sera enseignant à Paris. En 1961, Garcia Marquez, qui travaille pour l’agence de presse cubaine Prensa Latina, effectue en journaliste et en ami du nouveau régime castriste une première visite à Cuba. Puis il se rend à New York en attente d’un visa pour le Canada, où l’agence l’a chargé d’ouvrir un bureau. Mais l’affaire tarde, ne se réalise pas et le journaliste écrivain, qui s’ennuie, embarque en bus sa petitefamille pour le Mexique, le pays où il passera la plus grande partie de sa vie.

LE CHOC DE « CENT ANS DE SOLITUDE »

C’est quelques années plus tard qu’il va, d’un seul coup, accéder définitivement à la célébrité mondiale. Dès sa publication en 1967, à Buenos Aires, l’engouement rencontré par Cent ans de solitude (publié en français par Le Seuil en 1968) est extraordinaire. Tous les lecteurs d’Amérique Latine connaissent de mémoire sa première phrase : « Bien des années plus tard, face au peloton d’exécution, le colonel Aureliano Buendia devait se rappeler ce lointain après-midi au cours duquel son père l’emmena faire connaissance avec la glace. « A la fois épopée familiale, roman politique et récit merveilleux, c’est « le plus grand roman écrit en langue espagnole depuis Don Quichotte », selon le poète chilien Pablo Neruda. L’écrivain y déploie, sans une seconde d’enlisement ni de distraction, son langage puissant, à la fois exubérant et parfaitement maîtrisé.

Depuis la fondation du village fictif de Macondo, se déploie, sur six générations, l’histoire de la famille Buendia, une sorte de dynastie dont le destin est lié à la chronique mythologique du continent. Toute l’Amérique latine se reconnaîtra bientôt dans cette saga héroïque et baroque. Cinq ans après sa sortie, Cent ans de solitude aura déjà été publié dans vingt-trois pays et se sera vendu à plus d’un million d’exemplaires rien qu’en langue espagnole. On sait que Garcia Marquez fut sincèrement abasourdi par le succès de ce livre. Il l’attribua au fait qu’il était d’une lecture facile, avec son enchaînement de péripéties fantastiques. Toujours est-il que son impact contribua à la notoriété internationale des autres écrivains du « boom latino-américain », de Juan Rulfo à Mario Vargas Llosa, en passant par Jorge Luis Borjes, Julio Cortazar et Carlos Fuentes.

Fidel Castro et Gabriel Garcia Marquez, en 2000.

LA « GUERRE DE L’INFORMATION »

Garcia Marquez, meurtri et révolté par la dictature installée au Chili depuis le coup d’Etat du général Pinochet en septembre 1973, se refuse, pour un temps, à écrirede nouveaux romans et préfère s’engager dans ce qu’il appelle « la guerre de l’information ». Il contribue dans son pays à la création d’une revue indépendante,Alternativas, fustige le capitalisme et l’impérialisme, prend la défense du tiers-monde et soutient publiquement, sans états d’âme apparents, le régime de Fidel Castro.

En 1982, les jurés de Stockholm lui décernent le prix Nobel. Les rues de son village se couvrent de banderoles: « Aracataca, capitale mondiale de la littérature». Il assistera à la cérémonie vêtu du « liqui-liqui », le costume blanc traditionnel de la côte caraïbe, au lieu du smoking protocolaire. Son discours de réception est un fougueux plaidoyer pour l’Amérique latine dont il décrit la « solitude » face « à l’oppression, au pillage et à l’abandon », alors même que les dictatures s’y multiplient.

Son évocation de « cette patrie immense d’hommes hallucinés et de femmes historiques, dont l’entêtement sans fin se confond avec la légende » – résonne dans tout le continent. Après le Nobel, Garcia Marquez tourne le dos à Macondo et à l’univers prodigieux de son enfance. Désormais, sa production se situera, pour l’essentiel, à mi chemin entre le journalisme, l’histoire et le roman populaire.

« LES ROMANCIERS NE SONT PAS DES INTELLECTUELS »

Plus tard, ni L’Amour au temps du choléra (1985), ni Le Général dans son labyrinthe (1989), ni sa dernière fiction Mémoires de mes putains tristes (2004), ne remporteront le succès des œuvres précédentes. Qu’importe. Gabo est devenu une référence. On le sollicite – notamment à plusieurs reprises comme médiateur lors des pourparlers de paix engagés avec la guérilla colombienne -, on le consulte sur tous les sujets. Garcia Marquez n’est pas dupe. « Je suis un romancier, disait-il, et nous, les romanciers, ne sommes pas des intellectuels, mais des sentimentaux, des émotionnels. Il nous arrive à nous, Latins, un grand malheur. Dans nos pays, nous sommes devenus en quelque sorte la conscience de notre société. Et voyez les désastres que nous provoquons. Ceci n’arrive pas aux Etats-Unis, et c’est une chance. Je n’imagine pas une rencontre au cours de laquelle Dante parlerait d’économie de marché. »

Au delà de la politique et de la mythologie, Garcia Marquez n’aura jamais cessé d’élaborer un immense discours sur la mort et sur la solitude, que ce soit dansLes Funérailles de la Grande MéméL’Automne du patriarcheChronique d’une mort annoncée et, bien entendu, Cent ans de solitude qui porte sur la fin d’une dynastie et d’une civilisation. « Je pense évidemment à la mort », avait-il déclaré. « Mais peu, aussi peu que possible. Pour en avoir moins peur, j’ai appris à vivreavec une idée très simple, très peu philosophique : brusquement tout s’arrête et c’est le noir absolu. La mémoire est abolie. Ce qui me soulage et m’attriste, car il s’agira là de la première expérience que je ne pourrai pas raconter. »

Source: Lemonde.fr

17 février 1673. Molière ne meurt pas sur scène. Mais dans son lit, étouffé par son sang.


C’est dans son lit, quelques heures après une représentation du “Malade imaginaire”, que le comédien succombe à une hémorragie.

17 février 1673. Molière ne meurt pas sur scène. Mais dans son lit, étouffé par son sang.
 ET 
Depuis treize ans, Molière occupe le théâtre du Palais-Cardinal qu’il partage avec la troupe italienne de Scaramouche. La troupe du roi joue les jours extraordinaires, c’est-à-dire mardi, vendredi et dimanche. Une cohabitation pacifique qui dure jusqu’à la quatrième et ultime représentation du Malade imaginaire, le vendredi 17 février 1673. Contrairement à la légende, Molière ne meurt pas en scène. Malgré sa douleur, il parvient à achever la pièce avant de courir mourir dans son lit.

Durant toute la matinée, il se sent horriblement mal. Miné depuis des années par un mal à la poitrine, probablement la tuberculose, son organisme est en train de le lâcher. Alarmée par l’état de son époux, Armande Béjart insiste pour qu’il annule la représentation, mais pas question. Si Galabru monte encore sur scène à 90 ans, ce n’est pas lui qui battra retraite avec 39 ans de moins. Il lui répond à son épouse : “Comment voulez-vous que je fasse ? Il y a cinquante pauvres ouvriers qui n’ont que leur journée pour vivre. Que feront-ils si l’on ne joue pas ? Je me reprocherais d’avoir négligé de leur donner du pain un seul jour, le pouvant faire absolument.” Carlos Ghosn qui passe par là, fait semblant de rien entendre… Les trois coups retentissent donc comme prévu à 4 heures de l’après-midi.

Durant toute la pièce, Molière donne le change, mais sitôt sa dernière réplique envoyée, il s’effondre. Il réclame sa robe de chambre, puis se réfugie dans sa loge. Baron, un comédien, appelle une chaise à porteurs pour le ramener chez lui, au 40, rue de Richelieu. Il refuse le bouillon qu’on veut lui servir, assis dans son lit. À la place, il réclame un morceau de parmesan qu’il grignote entre deux quintes de toux. S’il faut croire Armande, il aurait alors fait chercher un prêtre pour mourir chrétiennement, mais le seul qui accepte finalement de venir se présente trop tard. En revanche,Alain Delon passe juste à temps pour lui jeter une parole d’encouragement : “L’immense Delon veut mourir en scène, lui aussi !”.

Rideau

Soudain une quinte de toux se fait plus violente que les autres. Un jet de sang arrose le lit. Comprenant qu’il va bientôt quitter la scène terrestre, Molière demande au comédien Baron d’aller chercher son Armande. Celui-ci y court, laissant le comédien avec deux religieuses et un gentilhomme du nom de Couton. Vers 22 heures, l’hémorragie s’accentue. Le malade ne parvient plus à respirer. Il étouffe. Il meurt. Quand Baron et Armande surgissent enfin, ils ne découvrent plus qu’un corps ayant fait définitivement relâche. Le comédien La Grange note dans le registre de la troupe : “Ce même jour après la comédie, sur les 10 heures du soir, M. de Molière mourut dans sa maison, rue de Richelieu, ayant joué le rôle duMalade imaginaire fort incommodé d’un rhume et fluxion sur la poitrine qui lui causait une grande toux, de sorte que, dans les grands efforts qu’il fit pour cracher, il se rompit une veine dans le corps et ne vécut pas demi-heure ou trois quarts d’heure depuis ladite veine rompue. Son corps est enterré à la paroisse Saint-Joseph, aide de la paroisse Saint-Eustache…” Le rideau tombe définitivement sur Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière. Franck Ferrand s’empresse de clamer sur Europe1 que Molière n’a jamais écrit ses pièces, mais qu’il les achetait en douce à Corneille. Révisionniste !

Source: Lepoint.fr

Book signing event


alliance francaise logoEcho Culture and Alliance Française de Providenceecho-logo2 present

Fred Edson Lafortune & Charlot Lucien

Please join us for a book launch

Sunday February 23rd, 2014 at 5:00 Pm at the Alliance Française of Providence, 928 Smith Street, Providence, Rhode Island, 02908Fred Edson Lafortune will be signing: “An n al Lazil” and Charlot Lucien will be signing: La tentation de l’autre riveCome and Enjoy an afternoon poetry reading featuring Fred Edson Lafortune and Charlot Lucien’s wonderful poems.Special Guests: Jean Dany Joachim & Guy Frantz
Copies of the books will be available for purchase at the event.Refreshments will be served.

 Programme
5:00 – 5:30 : Arrivé des invités / Musique / Exposition livres et CD
5:30 – 5:40 : Propos de bienvenue par L’alliance Française et Echo Culture
5:45 – 6:15: Récital de poèmes, Charlot Lucien / accompagnement à la guitare
6:15 – 6:30 : Performances musicales / guitare – tambour6:30 – 6:45 : Récital de poèmes par Fred Edson Lafortune6:45 – 7:00 : Déclamation de textes par le poète Jean Dany Joachim

7:00 – 7:30 : Vente Signature

7:30 – 8:00 : Déclamation sur fond musical / Fred et Charlot

8:00 : Remerciments / Vins et bouchées / Fin

%d bloggers like this: